Pourquoi le choix de l’auto-édition

Pourquoi ai-je opté pour l’auto-édition

 J’entends déjà les médisants répondre à cette question dans mon dos : parce qu’il n’a pas trouvé d’éditeur ! Vous ne pouvez pas être plus loin de la réalité. A dire vrai, je n’ai jamais pris la peine de soumettre mes manuscrits à la moindre maison d’édition.

Comme tous les écrivains qui ont achevé le manuscrit pour la première fois, je me suis demandé : et maintenant ? J’ai donc effectué quelques recherches pour me familiariser avec le monde de l’édition français. Et, j’ai appris un certain nombre de choses que je soupçonnais déjà.

Qu’est-ce qu’une maison d’édition ?

C’est une entreprise à but lucratif qui dispose d’un certain segment de marché dans la production de livres. Elle dispose donc de collections précises destinées à être vendues à des gens précis. C’est ce qui s’appelle communément une ligne éditoriale. La maison d’édition est donc celle qui connaît son marché et sa clientèle. Elle est celle qui sait quel produit est susceptible de se vendre, à qui et en quelle saison. Elle est également celle qui dispose du réseau de distribution, avec les librairies et autres chaînes de distribution.

Les maisons d’édition ne produisent pas elles-mêmes les biens qu’elles vendent. Si je m’amusais à faire une comparaison plus ou moins mal venue avec l’industrie agroalimentaire, je dirais qu’elles sont l’équivalent des usines de transformation qui préparent et mettent les légumes en conserve. Elles reçoivent les manuscrits que leur envoient les écrivains. Elles aident les écrivains à améliorer/transformer leur livre afin que ce dernier soit publiable/conditionnement et mise en boîte. Cependant, tout comme moi, vous avez eu en main des livres de qualité très médiocre/des boîtes de haricots indigestes. Et, de mon point de vue, le fait qu’un ouvrage soit passé ou non par une maison d’édition professionnelle n’est en rien gage de qualité. Et, parfois, il est plus sain pour la santé d’aller directement chez l’exploitant pour obtenir ses légumes verts (ils sont plus frais et vous pouvez même discuter avec le fermier pour qu’il vous dise quel sorte de fumier il a utilisé pour faire pousser ses produits – c’est quand même plus sympa non ?)… Il y a ainsi un certain nombre d’ouvrages de qualité qui n’ont jamais été édités parce que les maisons d’édition estimaient qu’il n’était pas rentable pour elles de les proposer dans leur catalogue. C’est aussi simple que ça…

De plus, il faut bien comprendre le contrat qui est passé entre la maison d’édition et un auteur :

l’écrivain vend une partie de ses droits sur sa propre œuvre en échange de :

– quelques conseils destinés à améliorer le manuscrit (fond : élimination des derners blocs inutiles et points scénaristiques douteux ; de forme : ils ont des correcteurs qui son censés supprimer les fautes d’orthographes restantes et les quelques coquilles que vous avez laissé derrière vous, malgré tout le soin que vous avez vous-même apporté à ces corrections)

– du réseau de distribution de l’éditeur

– l’impression en dur de votre livre

– quelques royalties et un à valoir

– évenntuellement, une aide à la promotion

En d’autres termes, une fois que vous avez signé votre contrat avec une maison d’édition, vous perdez une grande partie des droits sur votre publication : les maisons d’édition s’octroient près de 90%, mais, c’est plus ou moins négociable en fonction de votre renommée. Et oui, c’est du buisness

L’alternative de l’auto-édition

Jusqu’à il y a encore quinze ans peut-être, ces maisons d’éditions étaient incontournables pour tout écrivain. Seulement, avec l’émergence de l’e-book et du phénomène de dématérialisation des livres de manière générale (NB aux États Unis le marché était en 2014, pour certains auteurs, de 60% d’ouvrages imprimés et 40% d’ouvrages numériques) le monopole des maisons d’édition est sérieusement attaqué. Ici, je tiens à préciser que le marché français est beaucoup moins poreux aux e-books que le marché d’Outre Atlantique mais il me paraît patent que beaucoup d’opportunités s’offrent aux écrivains qui ne désirent pas travailler avec le monde de l’édition classique (il faut de tout pour faire un monde).

L’intérêt du e-book est multiple. Avec une liseuse, on peut se déplacer avec toute une bibliothèque sur soi. On évite également d’envoyer au pilon des centaines de tonnes d’ouvrages invendus (pour ceux qui se préoccupent de l’environnement). Et l’avantage majeur pour l’auteur est qu’il suffit d’un ordinateur pour le produire ; en d’autres termes, il est presque gratuit à la production si vous êtes capable de faire vous-mêmes vos illustrations et que vous n’avez pas besoin d’un logiciel de correcteur orthographique (personnellement, j’ai toujours bataillé avec l’orthographe donc je ne peux pas m’en passer…).

De plus, avec l’émergence de plateformes de distribution électroniques gratuites comme celles de Wattpad, MonBestSeller.com et j’en passe, il vous est possible de présenter vos productions littéraires au public et donc d’être lu. Et, si vous désirez gagner un petit peu d’argent, vous pouvez toujours vendre votre livre sur des plateformes de e-book (Amazon, Kobo – pour les plus connues).

Ainsi, j’estime que dans mon cas (je ne tiens pas à faire de mes productions littéraires ma source de revenue principale) je peux me passer de maison d’édition. J’admets également que l’idée de céder 90% de mes droits ne me semble pas un marché honnête. Je veux également être capable de publier ce que je désire publier sans avoir à quémander l’attention de telle ou telle maison d’édition. C’est autant une question de choix de vie que de conserver ma liberté individuelle à la création.