Pourquoi je lis et j’écris de la littérature de l’imaginaire

Je viens d’achever la première version de mon nouveau roman « Métempsychose » (titre provisoire en attendant de trouver mieux). Il s’agit d’un roman appartenant au registre du fantastique. Comme tous les autres avant lui… De plus, vous l’avez sans doute remarqué, les livres que j’ai commentés sur ce blog appartiennent aussi à la SFFF (Science-Fiction, Fantasy, Fantastique), autrement appelée « littératures de l’imaginaire ». Mais pourquoi cette prédilection (que certains pourraient qualifier d’obsession) ?

La réponse est à la fois très simple et très complexe.

Je ne rentrerais pas dans le débat sur la qualité de la SFFF qui, à l’instar du polar ou du policier, est considérée par beaucoup comme de la littérature de second rang. Pour moi, participer à ce débat serait une perte de temps. Je vais simplement vous expliquer ce que la SFFF m’apporte en tant que lecteur et pourquoi j’ai choisi d’écrire dans ce registre-là.

Définitions

Comme je vois très souvent des confusions à propos de ces trois genres, je me permets de vous asséner ces petites définitions pour que vous ne vous mélangiez plus les pinceaux :

  • Le fantastique est tout simplement l’irruption d’un ou plusieurs éléments surnaturels/irrationnels dans la réalité quotidienne (par exemple des vampires ou des loups garous).

  • La science-fiction envisage quant à elle les évolutions possibles de l’humanité, notamment les conséquences des progrès scientifiques (voyage dans l’espace, etc.).

  • La fantasy présente quant à elle un monde où le surnaturel est accepté. Plus encore, ce surnaturel définit par des règles le monde en question. Il y est par exemple très souvent question de magie ou de mythes. Un exemple célèbre : le Seigneur des anneaux.

Bien entendu, il existe d’autres genres de l’imaginaire et bien souvent les œuvres littéraires vaquent d’une catégorie à l’autre en fonction de l’imagination de l’auteur. Quoi qu’il en soit, la définition est posée et tout le monde sait de quoi je parle.

Ce que je recherche en tant que lecteur

Tous les lecteurs ayant des attentes différentes, je ne me permettrais pas de faire des généralités en la matière. Dans mon cas personnel, je recherche plusieurs éléments :

  • Du divertissement et de l’évasion : la vie quotidienne peut paraître sous bien des égards ennuyeuses, surtout lorsque l’on adopte un rythme métro-boulot-dodo. Qui plus est, cette réalité, je la connais plutôt bien : c’est la mienne. Aussi, lire un roman qui traite du quotidien, pourquoi pas, mais pas quinze d’entre eux, à moins bien entendu qu’il y ait une petite touche de folie qui rende le tout moins insipide… Or les romans de la SFFF ont le mérite de nous propulser dans des univers différents aux règles parfois tortueuses. Dès lors, l’évasion est permise…

  • De la réflexion et de la stimulation : cet élément est important. Pour moi, le pire, c’est de lire une histoire et de me dire que le récit était bien mené, mais que ce livre ne m’a absolument rien apporté et que, d’une certaine manière, j’ai perdu mon temps. De fait, je dois l’avouer, cet élément de réflexion et de stimulation n’est pas au rendez-vous dans toutes les œuvres de la SFFF. Néanmoins, il est dans son ADN. En effet, la SFFF nécessite bien souvent de présenter un monde autre que le nôtre, avec ses règles, ses incohérences et ses défis. Il est donc important d’avoir l’esprit vif pour comprendre rapidement les tenants et les aboutissants du monde. C’est une petite gymnastique mentale très stimulante. De plus, la SFFF permet de s’affranchir du monde contemporain tel qu’il est et de réfléchir au champ des possibles. Par exemple, quelles seraient les implications d’un monde où le travail manuel seraient effectués par des machines ? Quel serait alors la place de l’être humain dans cette société ? Le roman SFFF peut être à la fois une critique très violente de la société contemporaine ou au contraire proposer une société plus souhaitable (je n’ai pas dit utopie). Tout ceci peut ainsi amener à des réflexions philosophiques très intéressantes, ou à défendre des idéologies politiques, etc. L’auteur est maître à bord et peut ainsi dérouler sa pensée pour nous, lecteurs. En d’autres termes, de mon point de vue, contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, il n’y a pas plus en prise avec la réalité que les littératures de l’imaginaire. Et pour être honnête, bien des fois j’ai l’impression d’avoir plus de recul que beaucoup de mes contemporains sur certains débats, grâce aux livres de SFFF que j’ai pus lire dans le passé et qui m’ont ouvert les yeux sur plein de sujets différents.

Pourquoi j’écris de la SFFF

Je l’avoue d’emblée, je pense que je m’ennuierais si je devais écrire de la littérature blanche. Pourquoi :

  • dans la SFFF, le contexte est fondamental ; il détermine une grande partie de l’action. Cependant, il n’est pas fixé à l’avance comme dans un polar ou la littérature de manière générale. L’auteur est beaucoup plus libre de ses mouvements. Si j’ai envie de créer un monde où cinq hommes sur six est stérile et que ces hommes fertiles sont la proie des femmes riches désireuses d’avoir un enfant, je le peux. Si j’ai envie de créer des animaux fantastiques ou créer des éléments civilisationnels tordus, je le peux, à condition de pouvoir le justifier. Il est donc important de prendre en compte plein de détails. Le travail va parfois jusqu’à s’interdire l’utilisation de mots ou expression, dont la connotation religieuse n’est pas possible dans le monde que l’on a créé : par exemple : « à chacun sa croix » dans un monde qui n’a jamais connu le christianisme. Que faire ? Le remplacer par un synonyme ? Créer un mythe fondateur avec tout son vocable ? etc. En fait, plus le temps avance et plus je me dis qu’écrire de la SFFF est parfois bien plus difficile que de la blanche, car il y a tout le contexte à présenter et à décrire en plus des personnages et de l’intrigue. Le travail devient d’autant plus dur que le monde créé est complexe et différent du monde contemporain. En d’autres termes, écrire de la SFFF, c’est très stimulant.

  • En écrivant de la SFFF, j’ai la possibilité de créer des mondes différents et de laisser voguer mon imagination sans trop savoir où je me dirige, comme un petit voyage intérieur. Il s’agit donc d’une distraction bienvenue.

  • Il peut m’arriver d’avoir moi envie de faire un roman à thèse, avec une réflexion plus ou moins intéressante à faire passer en toile de fond. Or, il se trouve que les romans (et la SFFF en particulier) sont des vecteurs très efficaces de transmission. Alors pourquoi s’en priver ?

Bon, voilà, j’ai partagé avec vous ma passion pour la SFFF et j’espère vous avoir donné envie de vous y mettre, si ce n’est pas déjà fait.

1 Comment on "Pourquoi je lis et j’écris de la littérature de l’imaginaire"

  1. Vous me rappelez un étudiant que j’ai autrefois fréquenté durant ma folle jeunesse. J’etais tellement libérée et sauvage à cette époque (ah….. les seventies et le sexe sauvage). Lui était étudiant en histoire…Il était à la fois brillant et mystérieux, cachant sa rage de liberté derrière ses lunettes, son sourire espiègle et un peu édenté. On lui voyait le paquet à travers le jean! Vous me rappelez sa fougue et son ardeur. Votre écriture est un peu comme son approche de séduction… on prend d’abord une grosse claque et on fini à genoux à ne plus savoir son Prénom!

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